Jing Yi (Jenny) Yu, étudiante en pharmacie (II)
À travers les différents milieux que j’ai visités lors de mes stages et de mon travail en pharmacie, j’ai eu l’opportunité de discuter avec différents pharmaciens. Ce qui m’a surpris le plus est que la plupart d’entre eux ne travaillent pas à temps plein dans une pharmacie communautaire, mais possèdent tous un parcours qui leur est unique.
Je vais en décrire quelques-uns du mieux que ma mémoire me le permet. Par souci de confidentialité, certaines informations personnelles, comme leurs noms, seront omises ou altérées.
La première pharmacienne avec qui j’ai parlé étudie présentement le droit. Elle m’a expliqué avoir choisi de poursuivre ces études parce que le travail de pharmacienne l’ennuyait quelque peu. Elle faisait beaucoup de tâches, comme la vérification des paniers et des piluliers, un travail qu’elle trouvait répétitif à la longue. Elle a envisagé explorer d’autres champs de pratique, tels que les technologies de l’information ou même le droit. Elle a fini par prendre sa décision et suit présentement des cours de droit à temps plein, lui permettant seulement de travailler à temps partiel comme pharmacienne remplaçante. Bien sûr, concilier une telle charge de travail s’avère particulièrement stressant. Elle parvient toutefois à maintenir un certain équilibre, menant de front ses études de droit et quelques quarts de travail par semaine, même si c’est parfois au détriment de son sommeil.
Le deuxième pharmacien à qui j’ai parlé travaille à temps plein dans un milieu hospitalier après avoir complété sa maîtrise en pharmacothérapie avancée. En effet, il travaille actuellement dans un hôpital à Québec et je l’ai rencontré lors d’une des fins de semaine où il fait du remplacement en pharmacie communautaire. Puisqu’il était familier avec les deux environnements, je lui ai évidemment demandé quel milieu de travail il préférait. Il m’a expliqué que les pharmaciens en milieu hospitalier travaillent en étroite collaboration avec l’équipe de soins. Puisqu’il suit un nombre défini de patients, il peut consacrer le temps nécessaire à la gestion de cas complexes et constater directement l’impact de ses interventions sur l’évolution clinique. C’est cet aspect, plus axé sur le suivi, qu’il trouve particulièrement intéressant et engageant. Il a également ajouté qu’il manipule des médicaments plus spécialisés et qu’il bénéficie d’un champ de prescription plus étendu.
Par la suite, j’ai eu une conversation avec un pharmacien d’âge avancé, pourtant très affable. Il a choisi de se tourner vers le domaine de l’industrie il y a de nombreuses années déjà. Puisque sa compagnie est internationale, il a l’opportunité de travailler avec des collègues venant de divers pays. La compagnie n’a même pas nécessairement le besoin de garder un bureau ouvert dans chacun de ces pays. En effet, il m’a expliqué qu’ils travaillent tous à distance, étant répartis dans différents fuseaux horaires. Lorsque je lui ai demandé en quoi son travail consistait, il m’a expliqué qu’il travaillait sur de nouvelles molécules avec un potentiel, et qu’il avait beaucoup de rapports à lire et à rédiger. Cependant, il apprécie bien la possibilité de pouvoir travailler de la maison, et il n’a jamais rencontré ses collègues en personne. Il travaille actuellement seulement une fois par mois dans une pharmacie communautaire, car il veut préserver son permis et maintenir à jour ses compétences cliniques.
Je vais clore l’article avec une situation que j’ai rencontrée lors de mon stage le plus récent. En effet, il s’agissait de deux pharmaciens récemment diplômés qui étaient aussi de bons amis. Avant de devenir copropriétaire, l’un des deux travaillait dans une grande pharmacie à haut débit et était constamment épuisé, au bord de l’épuisement professionnel. L’autre pharmacien avait trouvé une opportunité d’acquérir une pharmacie, mais il ne souhaitait pas se lancer dans l’aventure de la propriété, du moins pas seul. Il a donc convaincu son ami, puis, ensemble, ils sont devenus partenaires pour acheter la pharmacie. Ils m’ont dit que c’est beaucoup plus rassurant d’avoir une personne de confiance sur qui tu peux compter et avec qui tu peux séparer les multiples fardeaux qui viennent avec le fait de devenir propriétaire. D’ailleurs, même s’ils étaient très occupés lors de mon stage dû à la nouvelle acquisition, le pharmacien précédemment épuisé me dit qu’il préférait beaucoup plus sa présente situation. Il peut désormais prendre des décisions qui ont un impact concret sur son milieu de travail, et il a enfin l’impression d’avoir un objectif, une « lumière au bout du tunnel », ce qui lui manquait auparavant. En fin de compte, ces anecdotes que j’ai rassemblées au fil de mes rencontres fortuites ne sont que quelques exemples de la vaste diversité de parcours accessibles après l’obtention du diplôme de doctorat en pharmacie, des avenues parfois insoupçonnées. Lorsque je vais avoir terminé la session d’été de ma deuxième année, je réalise que je serai déjà rendue à la moitié de mon parcours universitaire. J’espère que ces différents profils ont pu vous donner des pistes d’inspiration, car tel était le véritable objectif de ces discussions. Peu importe la direction que nous prendrons.
Référence:
=> Image générée par Copilot

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