APRÈS L’HIVER VIENDRA LE PRINTEMPS

Myriam Khelifi, étudiante en pharmacie (IV)


Ça y est, l’aboutissement de mon parcours au Pharm. D. approche à grands pas. Durant ces quatre dernières années, j’aurai beaucoup changé, évolué, appris. Certes, en termes de connaissances (je me pince fréquemment à savoir la quantité d’information retenue!), mais également en ce qui a trait à ma façon d’être, d’agir, de penser. Bien que, personnellement, ce parcours n’ait pas particulièrement été en tous points mémorable, un étrange sentiment de nostalgie traverse mon esprit. Ainsi, dans ce billet de la dernière danse, j’aimerais prendre le temps de « redonner au suivant » – chose que je trouve si important de faire – et partager avec les plus « jeunes » ce que j’aurais voulu que l’on me partage à mes débuts.

D’abord, commençons par le commencement : le syndrome de l’imposteur, vous connaissez? C’est un sentiment partagé par plus de personnes que vous ne le croyez, et ce, dans toutes les sphères de la vie. Ne pas se sentir tout à fait à sa place peut être désagréable, bien évidemment. Ignorer la raison pour laquelle on « mérite » d’être où l’on est peut parfois peser lourd sur ses épaules. Ironiquement, la vie semble être parsemée de « choix » bien involontaires… Mon meilleur conseil : si le chapeau vous fait, accordez-vous d’abord la chance d’apprécier réellement ce que vous exécutez; l’environnement dans lequel vous évoluez bien malgré vous. Peut-être finirez-vous tout bonnement par tomber en amour avec cet environnement. En revanche, si jamais le doute persiste, n’hésitez surtout pas à sauter dans le prochain train allant à la découverte du monde… Ce monde si vaste qui a tant à offrir! 

Avoir l’impression que tout le monde autour de soi performe… À part soi-même? Ça aussi, c’est un sentiment plus fréquent qu’on ne le pense. Le manque de confiance en soi. La remise en question. Le doute. La peur de l’échecMon meilleur conseil : cesser de se comparer aux autres. Je le sais, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Il s’agit d’un cheminement personnel fastidieux et épuisant, mais qui vaut amplement la peine d’être emprunté. En fait, la seule personne à laquelle vous devriez vous comparer est votre « propre vous-même de la veille ». Si vous êtes identique, c’est soit parce que vous n’avez pas suffisamment cheminé, soit parce que vous avez atteint votre nirvana 😉. Dans tous les cas, n’ayez crainte : les habiletés se développeront éventuellement, une journée à la fois, chacun à son rythme.

Un stage moins lumineux que les autres? La majorité des gens en vit, mais personne n’ose vraiment en parler ouvertement au-delà de son cercle proche. Par exemple, côtoyer un CEC difficile à saisir, parfois même contradictoire dans ses commentaires. Avoir l’impression de toujours entreprendre la mauvaise démarche. Parfois, il ne s’agit simplement que d’une « inadéquation » de personnalité, ou encore d’un environnement étranger à celui dans lequel on est habitué d’évoluer. Mes meilleurs conseils : si cette expérience ne se produit qu’une seule fois, ne laissez pas les pensées négatives telles que l’inquiétude pénétrer votre esprit. En contrepartie, si le malheur semble s’acharner sur vous, prenez-le comme un messager vous informant de vos lacunes. Dans tous les cas, gardez toujours la tête haute, travaillez sur vos points faibles et maintenez vos points forts.

Des journées qui se ressemblent? C’est tout à fait possible d’en vivre aussi. Le Pharm. D., comme plusieurs autres programmes universitaires, peut être exigeant par moments. Mon meilleur conseil : impliquez-vous. Au sein de la Faculté, par exemple, en devenant membre d’un comité quelconque (un certain journal aimerait vous recruter pour l’année prochaine… 😉), ou encore en s’impliquant à l’extérieur des quatre murs du Vandry ou de l’université. Personne ne vous oblige à « manger » de la pharmacie quotidiennement. Le sport, la recherche, la musique, le dessin, la cuisine, le jardinage… Les passe-temps sont infinis, et les opportunités de s’épanouir auprès de personnes qui vous ressemblent le sont encore davantage. Je le réitère : allez explorer le monde!!!

Enfin, traverser des moments plus difficiles? Ça aussi, personne n’y est vraiment à l’abri. Pas seulement en ce qui concerne les cours plus rigoureux et les périodes d’examens chargées, mais également en ce qui a trait à la sphère personnelle de la vie. Des décès, parfois même complètement inattendus. Des problèmes de santé éclectiques. Des défaites. Un sentiment d’injustice. Mon meilleur conseil : ne restez pas seul(e). N’hésitez jamais à demander de l’aide à votre entourage, à votre famille, à vos ami(e)s ou à vos êtres chers. N’hésitez jamais à demander de l’aide à une personne enseignante que vous appréciez particulièrement, à un(e) collègue qui vous inspire confiance ou à un quelconque esprit bienveillant que vous croisez. 

Dans les moments les plus difficiles, il faut s’accrocher aux « petites choses » du quotidien qui valent la peine d’être vécues et partagées, peu importe leur nature. Un sourire. Une journée ensoleillée. Le chant des oiseaux. Les couleurs vives et si époustouflantes. L’air pur et frais. La renaissance… Parce qu’après l’hiver viendra le printemps.

Oui oui, vous m’avez bien lue, et je le répète une dernière fois :

Après l’hiver viendra le printemps
Les petits échecs, les gloires immenses
L’éternité, ça dure un instant
Parce qu’on est seulement des étoiles filantes

Après tout, Koriass et Karl eux-mêmes le chantent si bien. 😉 M’enfin! Malgré son caractère plutôt morne à première vue, sachez que j’ai rédigé ce texte non pas pour assombrir votre journée, bien au contraire, mais plutôt pour nourrir votre espoir. Certes, la vie peut être parsemée d’embûches. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’elle peut définitivement être belle… Il suffit d’y croire réellement.


Références:

Koriass. (2013). Supernova [Chanson]. Dans Rue des Saules. Disques 7ième Ciel.

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