Par Antoine Thibault
Cet article a été publié dans l’édition d’hiver 2024
Comme le gain de contrôle du feu par l’homme – qui ne pouvait être que fortuit – la technologie humaine a souvent été propulsée par des erreurs, par des divergences de parcours et par des aléas. Quelle que soit leur origine, il y a beaucoup à apprendre de ces « Eurêkas! » hasardeux qui sont parfois devenus le coryphée d’un tout nouveau courant de pensée ou d’une toute nouvelle branche scientifique. Où en serions-nous si Fleming n’avait pas découvert la pénicilline; si on n’avait pas heurté l’Amérique du Nord en voulant se rendre à l’Inde ou si Hitler avait été accepté à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne* ? Comme le démontre ce dernier évènement, les leçons qu’on en retire possèdent malheureusement parfois une lourde charge à porter pour la société. Une situation désolante, mais ô combien intéressante pour ses retombées sur le domaine de la pharmacie est la commercialisation de la thalidomide durant la seconde moitié des années 1950. Cette molécule est à la cause d’anomalies congénitales chez plus de 10 000 enfants à cause d’un manque de régulation de sa distribution et de sa prescription [1]. Explorons une période tout aussi marquante que délicate de l’histoire médicolégale.
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