Auteur : Équipe de rédaction du journal

  • ZOPICLOWN : LES CHRONIQUES D’UN PHARMACIEN EN MANQUE DE SOMMEIL

    ZOPICLOWN : LES CHRONIQUES D’UN PHARMACIEN EN MANQUE DE SOMMEIL

    Jordan Pépin, étudiant en pharmacie (III)


    À l’ère de l’homme de Néandertal, tout était, comme qui dirait, plus simple. En effet, notre pauvre ancêtre n’avait pas vraiment à se soucier de son heure de coucher et encore moins des problèmes d’initiation du sommeil. Il est connu que celui-ci avait son cycle d’éveil-sommeil régulé par le lever du soleil et par la baisse naturelle de luminosité à l’arrivée de la nuit. Il est bien connu que, pour initier le sommeil, un processus biologique extraordinaire a lieu, c’est-à-dire la sécrétion de mélatonine à l’intérieur de notre corps par notre glande pinéale. Aujourd’hui, la mélatonine est plutôt vue comme un aide-sommeil que l’on trouve en vrac chez Walmart et qui a une efficacité un peu douteuse selon certains. En effet, il est pertinent de s’intéresser à l’origine de diverses substances qui sont courantes dans notre quotidien pour en évaluer la pertinence. Quelle belle histoire, non?

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  • LA « LOI SPÉCIALE 2 », OU QUAND LA DÉMOCRATIE FAIT PLACE À LA DÉRIVE AUTORITAIRE…

    LA « LOI SPÉCIALE 2 », OU QUAND LA DÉMOCRATIE FAIT PLACE À LA DÉRIVE AUTORITAIRE…

    Myriam Khelifi, étudiante en pharmacie (IV)


    « Le Québec, c’est la liberté d’être qui l’on veut être, la liberté d’expression, la démocratie… ». Ces lignes, je les ai moi-même rédigées dans un billet où j’exprimais mon amour profond et sincère pour le Québec au sein de l’édition d’hiver 2025 du Journal. Il va sans dire qu’à peine quelques mois plus tard, ces mots résonnent plutôt différemment dans mes oreilles… À vrai dire, je ne suis même plus en mesure de déterminer s’ils reflètent encore la réalité actuelle de notre société.

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  • LA PHARMACIE, C’EST LA VIE?

    LA PHARMACIE, C’EST LA VIE?

    Justin Baumber, étudiant en pharmacie (II)


    Subjectif :

    Le patient se présente avec de la fatigue depuis environ un an et quelques mois. Il dit moins dormir depuis ce temps. Il fait en moyenne deux siestes par cours, durant les pauses de dix minutes. Il dit parfois avoir de la difficulté à se détacher du monde de la pharmacie, même lorsqu’il n’est pas à l’école ou au travail. Le patient se sent parfois comme s’il avait très peu de temps libre et pense souvent à la montagne d’étude qu’il lui reste à faire d’ici les prochains examens. Les symptômes s’aggravent durant ses stages, mais sont soulagés par l’arrivée de l’été. État général OK. Il mentionne aussi le fait d’être tanné de voir les messages textes que ses amis de Montréal envoient lorsqu’ils boivent un peu trop, alors que, lui, il étudie l’endocrinologie. Aucun signal d’alarme.

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  • DISEASE MONGERING : UNE RÉALITÉ DANS L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE

    DISEASE MONGERING : UNE RÉALITÉ DANS L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE

    Samuel Boutin, étudiant en pharmacie (III)


    Lorsqu’une entreprise pharmaceutique commercialise un médicament, elle dispose d’un brevet qui dure généralement une vingtaine d’années. Celui-ci la prémunit d’une exclusivité sur le marché international, tout en permettant de rembourser les investissements en recherche et développement. Or, lorsque le brevet tombe et que les génériques font leur entrée sur le marché, l’industrie des médicaments novateurs essuie d’importantes pertes de revenu. C’est dans ce contexte que certaines entreprises adoptent des tactiques pour renforcer la domination de leurs molécules novatrices sur le marché, notamment en ayant recours à ce qu’on qualifie de disease mongering en anglais, ou de « façonnage de la maladie » en français [1]. 

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  • AU COIN DU PONT…

    AU COIN DU PONT…

    Emily Chao, étudiante en pharmacie (II)


    L’après-midi de printemps, doux et alangui; le soleil venait à peine de descendre sur l’horizon; un cardinal écarlate lançait son chant de joie au sommet d’un arbre colossal, vibrant dans l’air tiède; la brise se portait jusqu’à la fenêtre entrouverte de mon bureau, dans le réputé bâtiment du Windsor, portant avec elle le parfum sucré des fleurs en éclosion, les pâtisseries sortant du four, le café fraîchement moulu – et tandis que je regardai en bas, je le vis de nouveau, le vieil homme amaigri, toujours là, obstiné, étalant ses pitoyables toiles au pied du petit pont de brique un peu plus loin.

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  • FAIRE FACE À L’ITINÉRANCE

    FAIRE FACE À L’ITINÉRANCE

    Maude Paré, étudiante en pharmacie (IV)


    La situation actuelle de l’itinérance au Canada

    Entre 2018 et 2022, le nombre de personnes en situation d’itinérance visible dans les rues du Québec a presque doublé [1], passant de 5789 personnes en 2018 à 10 000 personnes en octobre 2023 [2]. Depuis, cette tendance continue de s’accentuer. Le recensement effectué le 23 avril 2024 a révélé une hausse de 15% du nombre de personnes sans-abri hébergées dans des établissements par rapport à octobre 2022. Cependant, ces données ne racontent qu’une partie de l’histoire : elles excluent celles et ceux qui dorment dans la rue, dans le métro, dans leur voiture, ou qui vivent une itinérance cachée [3].

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