Théane Pantelakis, étudiante en pharmacie (I)
L’art du travail d’équipe
Lors d’un énième projet divertissant dans le cadre de mon cours de littérature, il y a maintenant 3 ans, j’ai été assignée à une équipe avec quelques collègues avec lesquels je n’avais jamais travaillé auparavant. Nous devions réaliser une simple analyse littéraire d’un roman de notre choix parmi ceux d’une liste préparée par le professeur. Bref, de nature très peu argumentative (et sincèrement amoureuse de la lecture), je n’ai pas bronché quand l’une d’entre elles proposa de prendre le plus gros livre de la table en espérant une note bonifiée (spoiler : je savais que ça ne changeait absolument rien).
Je pense avoir lu les 700 pages en moins de deux jours et j’ai adoré l’exercice. Les questions étaient plutôt amusantes à répondre jusqu’à la date de remise, le jour fatidique où le coéquipier en question n’avait pas commencé sa lecture (les joies du travail d’équipe). Toutefois, sorti de nulle part, il prétendait pouvoir remettre le travail dès qu’il demanderait à ChatGPT de trouver les scènes pour sa partie. Résultat : toutes les scènes n’existaient pas et sa contribution au travail n’était même pas de zéro, mais bien négative moins 25, parce que j’ai perdu quelques XP en complétant ce qu’il manquait.
Après cet événement singulier en 2022, à l’époque où les profs d’anglais ne demandaient pas encore de rédiger des essais sur l’intelligence artificielle, tout a accéléré en passant par plusieurs étapes : notre enseignant expérimentant une correction du projet personnel (les rescapés de l’IB connaissent) avec l’IA, les longs discours « Je ne pense pas que ChatGPT soit fondamentalement mauvais, je pense qu’il faut seulement bien l’utiliser » et finalement les présentations PowerPoint qui ne sont simplement que des images générées l’une après l’autre. Si l’innovation consiste à soumettre un travail fait par l’intelligence artificielle pour qu’il soit corrigé par celle-ci, qu’est-ce que cela dit sur nous?
L’année précédant l’incident de littérature de secondaire 5, j’avais dû rédiger un texte décrivant un futur utopique ou dystopique. Évidemment, j’y suis allée à fond une fois encore en imaginant un avenir où tout serait technologique parce que nous avons grandi sous l’influence de films comme The Matrix, I,Robot, A.I, Minority Report, etc. Mon punch était que le public serait exposé à une nouvelle idée : si la technologie peut être un ennemi plus puissant que nous ne le serons jamais au stade où nous sommes, il est temps de fusionner avec celle-ci afin d’empêcher la perte de contrôle. Je proposais des processeurs cérébraux fusionnant avec le système limbique ayant comme but une amélioration des habiletés de réflexion aux dépens des capacités émotionnelles.
Aujourd’hui, je n’irais pas jusqu’à dire que la première installation de l’implant avec Neuralink en 2024 ait été la même chose, mais on peut raisonnablement affirmer que je peux prédire ta prochaine note d’examen de mi-session. Je ne prétends pas avoir des idées si révolutionnaires ni être la première à ressasser ceci, mais quelles sont les raisons qui nous poussent à toujours vouloir plus, pour au final, faire moins?
L’art d’essayer
Alors que je déteste partager mes écrits et présenter oralement, j’ai un jour décidé de participer à un atelier d’écriture créative où il fallait prendre la parole et lire notre histoire. Je ne cacherai pas que c’était presque masochiste de ma part et très chaotique, parce que les organisateurs devaient m’envoyer des courriels de rappel pour que je soumette ma rédaction. Or, il réside là une grande joie de survivre aux choses que l’on n’aime pas. L’auteur Peter McWilliams a écrit que « Comfort zones are most often expanded through discomfort ». La course est le meilleur exemple. Un jour, tu te rends compte que les gens n’étaient pas tous in sur le « mensonge » que courir c’est « fun ». Je me souviens d’un temps où le 5km avait autant d’importance que le 25km, et où les courses matinales publiées sur Strava avant 8h n’étaient pas de 19km.
Et du côté de notre cerveau? Ma propre étude anthropologique (une analyse sur le long terme des commentaires sous de nombreuses publications) me fait plutôt peur parce que notre génération et celle qui la suit s’étonnent des jours anciens où la rédaction de textes d’opinion se faisait par papier-crayon-feuille-chrono-cerveau. Est-il si cruel de vouloir qu’en tant que collectivité nous réapprenions l’art d’essayer? Quand je suis au troisième rang au milieu d’un cours et que j’aperçois en direct la rédaction de Guerre et Paix dans le moteur de recherche de ChatGPT quelques sièges plus loin, je me dis que c’est impossible de justifier le temps alloué à cette démarche, peu importe la question. Essayer très fort pour ne pas devoir essayer trop fort ou faire trop d’efforts ne compte pas pour autant.
Dans l’étude Your Brain on ChatGPT : Accumulation of Cognitive Debt when Using an AI Assistant for Essay Writing Task, les résultats des EEG démontrent que le groupe d’utilisateurs, en comparaison aux groupes sans aide ou avec un moteur de recherche traditionnel, présentait systématiquement des niveaux neuronaux, linguistiques et comportementaux sous-performants [1]. Mais enfin, et alors? C’est logique d’avoir un faible engagement cérébral si l’on ne s’engage pas autant. Tout à fait, je ne suis pas aussi fatiguée si quelqu’un d’autre complète mes entraînements à ma place, mais c’est aussi pourquoi j’ai peur des 30 minutes de course aujourd’hui (j’ai été très occupée en 2025… ).
En effet, lors d’un changement de rôle pour un essai final, « [le groupe ayant utilisé l’IA] a obtenu de moins bons résultats et a eu un engagement qui n’était que légèrement meilleur que celui de l’autre groupe lors de leur première séance, bien en deçà de l’engagement du groupe [sans aide] lors de leur troisième séance » [1]. Cela semble impliquer que, pour les habitués, la tâche n’engage plus le cerveau de la même manière que ceux n’ayant pas utilisé ChatGPT, comme s’il y avait un marquage à long terme. Il faut toutefois noter que des recherches supplémentaires sur la question sont nécessaires. Mais encore une fois, et alors? Ce n’est pas comme si on avait besoin de rédiger des essais dans la vie de tous les jours. Bien sûr : on n’a pas besoin d’apprendre à structurer nos idées, trouver des sources d’informations, développer un esprit critique ou penser par nous-mêmes… ChatGPT est ton meilleur ami dans le sens qu’il te convainc que tu auras le temps de terminer ton travail la veille, et perpétue ce report constamment. Malgré tout, c’est difficile de s’en séparer parce qu’il est toujours partant pour n’importe quoi, et que tu ne dois jamais vraiment te forcer avec lui.
Alors qu’on ne continuerait pas à utiliser une fourchette pour tenter de découper une pomme si nous avions un couteau, il y a une raison pour laquelle on garde les objets coupants hors de portée des enfants. Au primaire, nous ne pouvions pas apporter de couteau dans notre boîte à lunch sauf s’il ressemblait à un couteau à beurre et, de mémoire, personne n’a souffert de cette restriction. Même si certains avaient le droit d’utiliser les couteaux dentés à la maison, on accepte qu’il y ait des contextes appropriés pour chaque chose. L’IA en industrie pourrait en effet être révolutionnaire pour le traitement de données, mais quel est le réel avantage d’avoir cet outil au quotidien? Peut-être que c’est ma vision assez fermée de personne qui croit que la technologie n’aurait pas dû évoluer après le iPod et la Nintendo 3DS, mais à quel point avons-nous besoin d’une simplification de tâches si cela nous démotive davantage? Dans une ère où un découragement général pour l’avenir plane dans l’air, la dernière chose qui serait vraiment utile est l’immixtion de l’IA, qui « peut supprimer les parties les plus exigeantes sur le plan cognitif d’une tâche, souvent les aspects qui rendent le travail stimulant et épanouissant sur le plan personnel » [2] dans ce qu’il nous reste.
L’art
Comme le personnage John Keating dans Dead Poets Society l’a bien souligné: « We read and write poetry because we are members of the human race. And the human race is filled with passion ». Malheureusement, nous ne lisons plus de poésie, et nous lisons encore moins tout court. Dans un article de Rose Horowitch dans The Atlantic intitulé The Elite College Students Who Can’t Read Books, on raconte l’expérience du professeur de littérature à l’Université Columbia, Nicholas Dames, face aux nouvelles cohortes toujours plus « submergées » par la lecture requise. Le titre, assez révélateur, relate l’anecdote suivante : une de ses élèves l’a approché pour lui faire part de ses difficultés à terminer en une semaine ou deux le livre assigné parce que, durant son secondaire, « elle n’a jamais dû lire un livre en entier » [3]. Alors que ce cas peut faire partie des extrêmes, j’observe tout de même autour de moi que la lecture n’a pas la place qu’elle avait autrefois. Au lieu de trimballer les briques Harry Potter etd’être assez courageux pour combattre le mal des transports afin de poursuivre sa lecture dans l’autobus, les élèves sortant de l’école primaire sont concentrés sur leur écosystème Apple et me jugent probablement quand je sors mon iPhone X. Blague et généralisation à part, cela fait deux ou trois années consécutives que je n’atteins pas mon objectif Goodreads. Alors que j’avais réussi à totaliser 100 livres en 2021, je ne lis désormais presque qu’en période estivale, sachant très bien que je devrais probablement le faire également pendant la session.
Et l’écriture? Graphite a établi dans son étude des cinq dernières années que le contenu écrit généré par l’IA sur le web avait surpassé celui rédigé par un auteur humain.

À mes yeux, plus le contenu généré par l’IA s’immisce dans la musique, le cinéma, la littérature, moins nous préservons ce qui nous rend fondamentalement humains. Toutefois, il serait possible d’avancer que l’IA relève de notre propre génie et que ses créations, aussi sans âme soient-elles, nous reflètent à un certain degré en agglomérant les données de ce que nous avons déjà produit auparavant. Si nous pensons à l’art conceptuel ayant vu le jour avec la Fontaine (urinoir) signée R. Mutt en 1917, c’est le geste et l’idée de l’artiste qui définissent l’œuvre d’art plutôt que le processus de fabrication. Cela s’applique-t-il de nos jours aussi, quand il suffit de rédiger une requête et la confier à la boîte noire de Midjourney? Cette utilisation est-elle un nouveau médium en soi ou un frein à la créativité? J’aime croire que seul l’humain peut créer quelque chose de totalement nouveau, teinté par des expériences que nous pouvons partager. Au plus haut point où nous sommes différents, j’aurai toujours plus en commun avec un autre humain que le dernier des logiciels. Je préfère lire un vrai texte plutôt que la meilleure pièce signée ChatGPT, car tout réside dans un principe : pourquoi prendrais-je le temps de lire une œuvre qu’on ne s’est même pas donné la peine d’écrire?
« Maximise ton agenda grâce à l’IA »
« Donne vie à tes idées grâce à l’IA »
« Crée une application grâce à l’IA sans jamais avoir besoin d’apprendre à coder »
Les publicités qui apparaissent toutes les deux secondes sur YouTube me promettent la 25e heure de la journée. Il semble que je commets une terrible erreur si je n’utilise pas l’outil IA de (insérer ici le nom d’une compagnie vendant un produit) pour (insérer ici l’aspect de ma vie qui n’est pas si problématique à la base ou qui serait plutôt satisfaisant si je prenais la peine d’instaurer de bonnes habitudes). Pourtant, je crois encore quelque peu naïvement que le temps passé donne une valeur à la chose. J’espère que s’il me vient l’envie de créer une application, j’apprendrai à coder. Que s’il me vient l’envie de voyager, je compilerai les endroits incontournables collectionnés à partir de nombreuses conversations avec mon entourage. Pour l’envie d’écrire un roman, j’aurais passé des heures incalculables dessus. Car, veux-je vraiment quelque chose si je ne suis pas prête à déployer les efforts nécessaires pour l’avoir?
Envisager demain : revenir à hier
Faire du tutorat en Philosophie et rationalité aujourd’hui me confirme que toutes les heures passées sur les rédactions de Platon ne seront jamais perdues. Dans le Xe livre de la République, Socrate questionne son interlocuteur :
« Et l’imitateur, apprend-il par l’usage de la chose qu’il imite à
savoir si elle est belle et bien faite ou non ? En acquiert-il du
moins une opinion juste, par la nécessité où il se trouve de
converser avec celui qui sait, et parce que celui-ci lui prescrit
ce qu’il doit imiter ?
Ni l’un ni l’autre.
L’imitateur n’a donc ni science, ni même d’opinion juste,
touchant ce qu’il y a de bien ou de mal fait dans tout ce qu’il
imite. » [4]
Chaque fois qu’un de nous harcèle ChatGPT, l’imitateur par excellence, feignant la connaissance de toutes les sciences et de l’éthique, Socrate reprend une coupe de ciguë. Il lui conviendrait de dire que l’IA est elle-même une imitation de l’intelligence humaine, donc qu’y soumettre la sienne serait une insulte. MIT Technology Review explique : « Most LLMs simply predict the next word (or token) in a sequence, which makes them appear fluent but also leaves them prone to making things up. They have no ground truth to rely on, but instead choose each word purely on the basis of a statistical calculation » [5]. Ne pas douter d’un système qui prétend avoir réponse à tout va à l’encontre de la connaissance elle-même selon Socrate qui soutient que celle-ci débute par la reconnaissance de l’ignorance. Le philosophe continue :
« L’art d’imiter est donc bien éloigné du vrai ; et ce qui fait qu’il
exécute tant de choses, c’est qu’il ne prend qu’une petite partie
de chacune ; encore ce qu’il en prend n’est-il qu’un fantôme. » [4]
Aujourd’hui, l’AI overview de Google permet de trouver des réponses si instantanément que peu investissent davantage. Toutefois, un simple clic sur l’icône d’un lien dévoilerait qu’on place alors toute notre confiance dans un post Reddit. #SocratecontreAIoverview. Non seulement Google fait le googling pour moi, mais il décide de l’information à laquelle je serai confrontée en premier. Pourquoi cette chance? Un accord de 60 millions de dollars avec Reddit pour ces données rédigées par l’humain pouvant entraîner son IA [6]. Quelle chance : en mai 2024, Google pouvait me dire d’ajouter de la colle sur ma pizza si mon fromage glisse de mes pointes ou de manger des pierres [7].
Plus tôt, dans le livre VII, Platon met en scène une discussion entre Socrate et Glaucon portant sur la fameuse allégorie de la caverne. Comme je l’avais écrit en cours de philosophie : « Cette comparaison a pour but de révéler que [les prisonniers] ont, comme réalité, une mauvaise perception de celle-ci; chacun, dans la caverne, est convaincu que les ombres projetées sont les choses en elles-mêmes, or ils sont trompés par leurs sens, car elles ne s’avèrent être qu’un reflet des objets passant devant le feu derrière eux ». Le philosophe grec n’était pas nécessairement en avance sur son temps; ses descriptions sociétales restent d’actualité parce que nous n’avons pas changé.
Tandis que je reconnais facilement les images du type « Personne n’aime mon art » ou « C’est mon anniversaire et personne ne m’aime » quand je défile sur Facebook, je doute de plus en plus du reste au fur et à mesure que l’IA se perfectionne. Souvent, je me fie davantage à un instinct intrinsèque, à une sensation de malaise face aux bizarreries (l’Unheimlich), qu’à des indices comme une texture artificiellement lissée. Aujourd’hui, plus que jamais, nos yeux sont trompés, apercevant une imitation d’une « personne » (une manifestation directe de l’IA, prétendant être aussi humain que nous). Les avertissements de Socrate rappelaient, il y a vingt-quatre siècles, que s’habituer à ces imitations de la vérité corrompt notre capacité à reconnaître la véritable Idée. Les copies des copies, plusieurs fois éloignées de la réalité, « causent la ruine de l’âme de ceux qui les entendent, s’ils n’ont pas l’antidote, c’est-à-dire la connaissance de ce qu’elles sont réellement » [4]. En juillet l’année passée, Nature a publié la recherche de Shumailov et al., qui enquête sur les effets de l’apprentissage récursif sur l’IA. Leur conclusion : un phénomène nommé model collapse conduit les productions d’une IA, textes comme images, à devenir du gros n’importe quoi lorsqu’elle apprend à partir de données déjà générées auparavant.

Pour l’instant, le développement de nouvelles générations d’IA est encore avide de données humaines. On pourrait même dire que, dans un sens, ChatGPT a plus besoin de nous que l’inverse.

Lors du brainstorming de début de session, je ne savais pas encore quel sujet choisir pour mon article, mais je savais en revanche que je ne voulais pas écrire sur l’IA. C’était tellement un sujetdaté . Mais plus les jours passaient, plus j’avais de la difficulté à envisager d’autres options au point où celle-ci devient omniprésente. Il est sans doute naturel d’être réticent aux changements avant de finir par céder, tout comme les mêmes parents qui nous avertissaient des dangers du petit écran de poche ne livrent plus vraiment ce combat. Un jour, tout me semblera peut-être normal. Enfin, j’espère qu’on ne tue pas la créativité d’aujourd’hui ni le désir même de créer et d’apprendre à créer. Dans le futur, j’aurai encore besoin de cinéastes pour ajouter de nouveaux films à mon Letterboxd.
Références:
[1] Kos’myna N, et al. Your Brain on ChatGPT: Accumulation of Cognitive Debt when Using an AI Assistant for Essay Writing Task. [En ligne]. MIT Media Lab. Juin 2025 [consulté le 10 nov 2025] Disponible : https://www.media.mit.edu/publications/your-brain-on-chatgpt/
[2] Liu Y, et al. Research: Gen AI Makes People More Productive—and Less Motivated [En ligne]. The American Association for Physician Leadership; juil 2025 [consulté le 10 nov 2025]. Disponible : https://www.physicianleaders.org/articles/research-gen-ai-makes-people-more-productive-and-less-motivated
[3] Horowitch R. The Elite College Students Who Can’t Read Books. [En ligne]. The Atlantic; oct 2024 [consulté le 11 nov 2025]; Disponible: https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2024/11/the-elite-college-students-who-cant-read-books/679945/
[4] Platon. La République (trad. Cousin)/Livre dixième [En ligne]. Wikisource. [consulté le 20 nov 2025]. Disponible : https://fr.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Cousin)/Livre_dixi%C3%A8me
[5] Williams R. Why Google’s AI Overviews gets things wrong. [En ligne] MIT Technology Review; Mai 2024 [consulté le 21 nov 2025]. Disponible: https://www.technologyreview.com/2024/05/31/1093019/why-are-googles-ai-overviews-results-so-bad/
[6] The Associated Press. Reddit strikes $60M deal allowing Google to train AI models on its posts, unveils IPO plans. [En ligne]. NBC news; fév 2024 [consulté le 21 nov 2025] Disponible: https://www.nbcnews.com/tech/tech-news/reddit-strikes-60m-deal-allowing-google-train-ai-models-posts-unveils-rcna140168
[7] McChanon L, Kleinman Z, Google AI search tells users to glue pizza and eat rocks [En ligne]. BBC News; Mai 2024 [consulté le 21 nov 2025]. Disponible sur: https://www.bbc.com/news/articles/cd11gzejgz4o
[8] Shumailov I, Shumaylov Z, Zhao Y, Papernot N, Anderson R, Gal Y. AI models collapse when trained on recursively generated data. Nature. juil 2024;631(8022):755‑9.
[9] Wenger E. AI produces gibberish when trained on too much AI-generated data. Nature. Juil 2024;631(8022):742‑3. [10] L Paredes J. et al. More Articles Are Now Created by AI Than Humans [En ligne]. Graphite; [consulté le 17 nov 2025]. Disponible : https://graphite.io/five-percent/more-articles-are-now-created-by-ai-than-humans
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