Récit d’un périple à Maria, en Gaspésie

Par Myriam Khelifi

Cet article a été publié dans l’édition d’été 2025

Quand on vous demande d’inscrire vos préférences de régions où effectuer vos stages sur le portail UGO, jusqu’à quelle priorité l’attribution se rend-elle généralement pour vous? En ce qui me concerne, j’ai toujours eu mes 1er ou 2e choix… À une exception près.

Je vous avouerais qu’à première vue, l’engouement n’était pas au rendez-vous. J’avais tout bonnement positionné « Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine » en quatrième choix en me disant que c’était l’été et que ça valait peut-être la peine de sortir de ma ville chérie, même si j’avais d’ores et déjà atteint le quota des semaines de stages à réaliser en « région » (petit clin d’œil à Montréal). Eh bien, disons que j’ai récolté ce que j’avais semé! C’est ainsi que je me suis retrouvée à Maria, une petite ville gaspésienne située à la lisière du Nouveau-Brunswick.

Alors, me direz-vous, qu’est-ce qu’on retrouve à Maria? Indice : j’ai été agréablement surprise et ça vaut (réellement) la peine d’y faire le détour.

Se rendre à Maria… Un défi?

Fidèle adepte du pragmatisme, je me suis dit que n’importe quel moyen de transport autre que la voiture constituerait une option idéale puisque je serais en mesure d’étudier, d’avancer mon rendre-compte et d’admirer le paysage sans avoir à me concentrer sur la route. En plus, la résidence qui m’était fournie dans le cadre du programme gouvernemental se situait à distance de marche de l’hôpital.

Néanmoins, trouver un transport s’est avéré plus complexe que ce que je pensais. En fait, j’ai dû demander de l’aide à l’organisme Place aux jeunes en région (merci Catherine!), qui m’a finalement proposé trois options : le bus, l’avion ou le train. Bien évidemment, pour rendre le tout plus épicé, aucun de ces choix ne se rendait directement à Maria. Mais bon, j’ai finalement opté pour l’autobus, qui me semblait le choix le plus logique dans ma situation. En rétrospective, j’ai peut-être sous-estimé l’aspect « région éloignée » du lieu et un moyen de transport personnel aurait été pertinent pour visiter les villes adjacentes durant les fins de semaine.

À quoi s’attendre lors d’un stage à Maria?

Entrons désormais dans le vif du sujet. Lors de mon arrivée à Maria, j’ai été éblouie par nulle autre que la splendide vue sur la Baie-des-Chaleurs : eau et végétation se retrouvent à perte de vue, que l’on regarde à gauche, à droite ou droit devant. L’hôpital, le GMF et le CHSLD font d’ailleurs tous trois face à ce plan d’eau.

En soirée, vue panoramique de la plage qui longe le boulevard où se trouve l’hôpital.

En ce qui concerne la pharmacie, elle se situe au deuxième étage d’un hôpital qui en compte quatre. Ce dernier peut paraître grand à première vue, surtout pour une personne qui n’avait jamais mis les pieds dans un hôpital en tant qu’employée, mais il devient rapidement facile de s’y retrouver. Par ailleurs, la pharmacie constitue probablement l’aile la plus neuve de l’hôpital, avec un équipement robotisé, un plancher blanc immaculé et de grands murs bleus qui rappellent l’identité gaspésienne du village. Fait intéressant pour les amoureux de la nature comme moi : de nombreux oiseaux ont l’habitude de nous rendre visite sur le rebord des fenêtres du bureau des pharmaciens. De plus, la cafétéria offre aux employés de l’hôpital, dont les étudiants en pharmacie, de délicieux repas pour la modique somme de 5,55$ : soupe ou salade, plat principal et dessert sont au rendez-vous.

Vue extérieure de l’hôpital.

Quant aux pharmaciens et pharmaciennes, ils incarnent tous et toutes fidèlement la région par leur accueil, leur patience et leur passion ardente pour la profession et leur coin de pays. Avec Serge-Olivier, Catherine et Marie-Ève, vous êtes entre de bonnes mains pour apprendre à approfondir vos analyses pharmacologiques, poser des questions pertinentes et aiguiser vos réflexions. À cela s’ajoute le fait que l’offre de soins est variée : vous toucherez à un peu de tout, de l’infectiologie à la psychiatrie, en passant par les soins intensifs, la cardiologie, l’oncologie, la gériatrie et la neurologie.

Enfin, j’ai eu la chance de résider dans la somptueuse demeure de Louise et Richard, deux hôtes qui ont été formidables du début à la fin. Ils m’ont fait goûter (littéralement) aux produits de la Gaspésie, dont un crumble aux framboises, du riz au crevettes ainsi qu’une tarte aux cerises (deux fois plutôt qu’une!).

Bref, mon conseil le plus sincère pour vos prochains stages : osez vous écarter de la vie citadine l’instant de quelques semaines pour visiter les (vraies) régions! Pour ma part, j’ai tellement apprécié mon expérience que je compte retourner en région lors d’un éventuel stage en milieu hospitalier. On peut ainsi dire que mon « dernier » choix s’est transformé en priorité!

Je vous souhaite de passer un bel été!!

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