Hymne au Québec

Par Myriam Khelifi

Cet article a été publié dans l’édition d’hiver 2025

« Les Québécois, qu’est-ce qu’ils veulent, qu’est-ce qui les représente, qu’est-ce qu’ils sont au fond pour vous? ». C’est la question que Céline Galipeau, journaliste et chef d’antenne à Radio-Canada, a posée au chef actuel du Parti libéral du Canada et premier ministre du Canada, Mark Carney, lors de l’émission spéciale « Cinq chefs, une élection », qui s’inscrit dans un contexte de campagne électorale fédérale.

Dans un contexte où le monde entier semble plus polarisé que jamais pour des raisons évidentes et discutables, j’aimerais apporter un brin de positivité afin de nous rappeler collectivement que la vie n’est pas toujours aussi terne. En ce sens, j’ai décidé de reprendre cette même question et d’y répondre à ma manière. Au fond, qu’est-ce que le Québec représente réellement à mes yeux? 

Pour moi, le Québec, c’est la langue française. Cette langue – qui constitue un véritable trésor culturel – bien qu’elle soit partagée par plusieurs citoyens du monde, incarne ce caractère unique et propre au Québec. Ce qui la distingue de celle de nos amis francophones africains, acadiens ou européens, par exemple, ce sont ses expressions qui relatent de l’histoire et de l’évolution des mœurs de la société québécoise. Des néologismes aux termes (malgré tout) empruntés de l’anglais, et en passant, bien sûr, par les fameux sacres et le joual, la langue française parlée au Québec témoigne d’un patrimoine riche et diversifié.

Pour moi, le Québec, c’est l’immense territoire naturel scindé par le Saint-Laurent, sur lequel s’harmonisent toundra, forêts boréales et terres agricoles. L’omniprésence des forêts, des cours d’eau et des parcs nationaux ainsi que l’abondance de la faune et de la flore en font un lieu de prédilection indubitable pour les amateurs de plein air. Tout le monde peut prendre goût à cette éternelle valse des saisons où les arbres se parent de couleurs chaudes à l’automne, où les plantes et les oiseaux reprennent vie au printemps et où le soleil meuble les journées d’été. Dame Nature s’évertue à nous offrir un spectacle époustouflant chaque année.

Pour moi, le Québec, c’est la culture. Que ce soit au grand ou au petit écran, dans les romans ou les bandes dessinées, dans la musique ou l’humour, dans la sculpture ou l’architecture, ou encore dans les jeux vidéo et le multimédia, la culture québécoise ne connaît aucune frontière et transcende les différences culturelles. Elle regorge d’artistes talentueux et constitue un bassin d’âmes créatives dans l’entièreté des dix arts. Les Cowboys Fringants, Les Colocs, Loco Locass, Koriass, FouKi, Ginette Reno, Ariane Moffatt, Félix Leclerc, Les Trois Accords, Gilles Vigneault, Janette Bertrand, Claude Legault, Julie Le Breton, Antoine Bertrand, Jean-Carl Boucher, Pier-Luc Funk, Guylaine Tremblay, Hélène Bourgeois Leclerc, Denis Villeneuve, Michel Rabagliati, Guy Delisle, Marc Pageau, Alain Dufour, Michel Tremblay… La liste est incommensurable et atteste sans équivoque du génie artistique québécois.

Pour moi, le Québec, c’est la diversité. Rares sont les endroits où il est possible de rencontrer des personnes provenant d’autant de régions du monde à la fois. Cet amalgame d’ethnicités nous rappelle à quel point la société québécoise est somptueuse sous toutes ses formes. Avec son identité forte édifiée à la sueur de nos fronts, elle ne cesse de s’actualiser et de fulgurer.

Pour moi, le Québec, c’est la relation amour-haine envers l’hiver. Pour certains, les premiers flocons qui recouvrent le sol d’un drap blanc font renaître la nostalgie de leur enfance, alors que pour d’autres, se dire « Bon, m’semble que ça commence à être long… » constitue un rituel annuel malgré eux. Pour certains, la descente de pistes de ski à vive allure est synonyme d’euphorie, alors que pour d’autres, déneiger (encore et encore!) la neige qui s’empile à l’entrée de leur demeure représente une tâche passablement insurmontable.

Pour moi, le Québec, c’est la bonne bouffe. Comme pour tout le reste, il y en a pour tous les goûts : tourtière, pouding chômeur, pâté chinois, soupe aux pois, queues de castor, tire d’érable, « smoked meat »… Et bien évidemment, notre « souveraine » à nous, la poutine!

Par ailleurs, en ce qui concerne la profession qui nous unit toutes et tous, sachez que la pharmacie au Québec fait partie des plus développées partout à travers le monde. L’avènement des lois 41, 31 et bientôt, 67, confère aux pharmaciens québécois la possibilité d’en faire toujours plus pour leurs patients. Davantage d’indépendance, d’expertise, de confiance, de réputation et d’accessibilité : voilà les valeurs qui rendent la profession de pharmacien au Québec si attrayante, pertinente et surtout, unique en son genre.

Le Québec, c’est également l’hydroélectricité, l’agriculture, l’agronomie, le temps des sucres… Le Québec, c’est la liberté d’être qui l’on veut être, la liberté d’expression, la démocratie… Comment demeurer laconique ?! Après tout, c’est vraiment tout ça, le Québec, et bien plus que ça encore. Certes, le Québec comporte son lot de défauts – comme quoi rien n’est jamais parfait – mais, à la fin de journée, je me sens privilégiée d’y habiter.

Et pour vous, qu’est-ce que le Québec représente vraiment?

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