Une petite capsule recherche!

Par Yasmin Awad 

Cet article a été publié dans l’édition d’automne 2022

Bonjour cher.ère.s lecteur.trice.s! Quoi de  mieux qu’un peu de science pour entamer la  lecture de la première édition de l’Impharmation? Sans doute vous êtes sursaturés de notions  scientifiques avec vos cours magistraux et vos  laboratoires. Après tout, nous étudions tous la  pharmacie ici! Pour ainsi ne pas trop vous  bombarder avec des informations et vous faire  dormir, je partage avec vous quelques  nouvelles avancées intéressantes sur lesquelles  je suis tombées qui peuvent possiblement  piquer votre curiosité ! 

EN VOIE DE DÉVELOPPER UN  SUPER VACCIN CONTRE  L’INFLUENZA? 

Qui dit froid, automne et hiver, dit la saison des  rhumes et de la grippe saisonnière ! On peut  déjà le sentir durant nos cours universitaires, où  des orchestres de toux se jouent  passionnément, en plus de voir des classes  moins remplies qu’à l’habitude (qui ne sont pas  dues aux examens). Mais, très sérieusement,  durant ces longues périodes froides, il s’agit du  moment opportun pour une multitude de virus  de circuler et infecter nos voies respiratoires.  Sans doute, vous avez vu des campagnes de  vaccination pour la grippe s’entamer dans les  pharmacies près de chez vous et vous vous  questionnez sur l’efficacité de ces vaccins. Or,  le développement du vaccin de la grippe est  généralement basé sur les prédictions des  nouveaux virus de l’influenza qui apparaitront,  qui sont réputés pour muter régulièrement,  notamment au niveau de leurs protéines  membranaires, l’hémagglutinine et la  neuraminidase. Leur efficacité n’est donc pas  complètement garantie si on prédit mal le virus  qui circulera. Afin d’éviter ce pépin, une équipe  de scientifiques de l’Université de Pennsylvanie  met présentement au point un vaccin d’ARN  messager qui encode environ 20 souches  virales d’influenza. Jusqu’à présent, une forte  réaction immunitaire est observée chez les  souris et furets, modèles utilisés pour tester leur  immunogénicité. Jusqu’à présent, une forte  production d’anticorps est observée contre  tous les sous-types viraux, en plus de voir des  réactions contre des souches virales  spécifiques, ce qui assure potentiellement une  meilleure protection. 

Pour consulter l’article: A multivalent nucleoside-modified mRNA vaccine against all known influenza virus subtypes

TRACER NOTRE HISTORIQUE  D’INFECTION GRÂCE AUX  MOUSTIQUES 

La prochaine fois que vous vous ferez piquer  en voyage ou en camping, gardez en tête que  dorénavant, les moustiques pourront nous alerter des infections ou même des épidémies  possibles à proximité de vous. Publié  récemment dans le prestigieux journal Nature,  certaines équipes de chercheurs évaluent une  nouvelle méthode d’analyse qui se fie sur les  repas de sang des moustiques pour  diagnostiquer chez des patients leurs dernières infections ou expositions à des microbes  pathogènes. Cela permettrait également  d’identifier de manière précoce la présence  d’infections contagieuses ainsi que les hôtes,  soit les espèces à l’origine de la propagation.  Ceci peut être accompli en vérifiant entre  autres le génome par séquençage d’ADN ou la  présence d’anticorps produits contre des  maladies infectieuses comme celle du virus du  Nil Occidental ou de l’Ébola. Cette approche  s’avère donc utile, notamment avec ces  maladies transmissibles par les moustiques qui  peuvent potentiellement devenir épidémiques  avec les changements climatiques qui  favorisent la croissance des moustiques. Elle permettra également d’échapper aux  problèmes éthiques en ce qui concerne le  prélèvement de sang directement des individus  à des fins de recherche! Quoiqu’innovatrice,  plusieurs limitations demeurent à surmonter,  dont la localisation du lieu et de l’espèce  endémique et la difficulté à attraper des  moustiques. Pour contrer cela, des solutions  chimio-attractantes sont envisagées à être  testées.  

Pour consulter l’article: Mosquito blood meals reveal history of human infections

LES COCHONS COMME SOLUTION À  LA PÉNURIE D’ORGANES DE  TRANSPLANTATION 

L’année 2022 a été marquée par plusieurs  événements et découvertes scientifiques, tout  en incluant le meilleur succès de  transplantation xénogénique, c’est-à-dire  provenant d’une espèce non-humaine, qui a eu  lieu durant le mois de janvier. David Bennett,  le patient de 57 ans ayant bénéficié de cette  procédure, voyait la santé de son cœur décliner,  en plus de souffrir d’arythmie, ce qui ne lui  permettait pas de bénéficier d’un dispositif  d’assistance ventriculaire mécanique. Son  dernier recours : recevoir une transplantation  d’un cœur de cochon génétiquement modifié  ce qui représentait une nouveauté dans le  domaine de la santé. Or, le plus gros obstacle  que l’on retrouve dans ce genre de procédure  est l’énorme risque de rejeter l’organe, surtout  lorsqu’il provient d’une espèce différente  puisque notre système immunitaire le reconnait  comme un corps étranger. Les modifications  amenées, soit en effaçant des gènes encodant  des protéines immunogènes, ont été effectuées  dans le but de réduire cet inconvénient. Un  nouvel essai de transplantation a alors vu la  lumière au début de l’année 2022 au centre  médical du Maryland. Bien que Bennett ait  malheureusement réussi à survivre que 2 mois,  cela représente un record parmi tous les essais  effectués, où les rejets sont remarqués dans les  minutes suivant les greffes. Cela constitue un grand espoir pour bien des scientifiques, étant donné le grand manque d’organes compatibles.  Le cochon représente déjà un bon donneur  d’organes vu sa disponibilité et sa ressemblance  aux humains au niveau anatomique. Plusieurs  équipes de recherche tentent depuis plusieurs  années à se fier et voir un tel résultat s’avère  encourageant afin d’impliquer différentes  technologies biomédicales pouvant éliminer les sources induisant les réactions immunitaires, comme ce qui est réalisé présentement à  l’Université Ludwig Maximilian de Munich. 

Pour consulter l’article: First pig-to-human heart transplant: what can scientists learn?

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